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Les enregistrements des conférences

Jeudi 2 Juin

11h30-13h00

Photos Conférence tsunamiTsunami : gestion d'une crise par le gouvernement et les ONG

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RESUME : Il existe des dysfonctionnements dans l'humanitaire comme notamment la coordination des actions entre les bailleurs de fonds et entre les ONG : quelles mesures doivent être prises? Lorsqu'une crise survient, qui doit être le chef d'orchestre des actions d'urgence, de reconstruction, de développement? Pourquoi n'y a-t-il pas d'echanges entre les ONG internationales puiqu'il existe une perte de temps et d'argent et donc d'efficacité.






13h30-15h00

Les crises oubliées

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RESUME : Il existe 35 conflits militaires et on entend parler de trés peu d'entre eux. Mais ne faut-il pas parler de populations oubliées au lieu de crises oubliées?





15h30 - 17h00

Le rôle des médias

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RESUME : Les médias caricaturent l'action des ONG. Le rôle pervers des médias : images du Tsunami; surmédaitisation... Les conséquences pour les ONG : cela fausse le probléme mais les médias sont cependant utiles pour récolter des fonds.





17h30-19h00

Peut-on anticiper une crise ?

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RESUME : Bien que des politiques de prévention existent, certains états souverains ne peuvent forcer à les adopter ou ne peuvent que les négocier. Cela fait partie ou pourrait faire partie du rôle des ONG.




Vendredi 3 Juin

10h30 - 11h30

La coopération décentralisée au secours du développement ?

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RESUME : Avant la coopération par les collectivités locales étaient uniquement financiére. Depuis quelques années, on est passé du "Jumelage" par des des associations sportives à une aide au développement du pays.





11h45 - 13h45

Conférence Solidarité et entrepriseDifférentes formes de solidarité issues de l'entreprise

(...)

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14h30 - 15h45

Le volontariat - l'esprit d'engagement

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RESUME : Quelles sont les spécificités d'un engagement comme volontaire? Quelles sont les caractéristiques du volontariat de solidarité internationale et du congé de solidarité internationale?





16h00 - 17h00

La qualité et le professionnalisme des ONG

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RESUME : Il faut se demander pourquoi on veut aider? Qui on veut aider et comment? Quelle qualité pour le service qu'on veut apporter?





Samedi 4 Juin...

10h30 - 11h30

Où s’arrête l’urgence et quand commence le développement ?

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RESUME : Comment gagner la confiance des partenaires locaux? Quelles sont les implications politiques des ONG?





14h00 - 15h30

Commerce équitable, tourisme et économie solidaire

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RESUME : Le tourisme solidaire permet une meilleure compréhension des cultures mais cependant comment reconnaitre un tourisme durable quand il n'y a pas de label?

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Espaces associations



Les différentes présentations n'ont pas été enregistrées; cependant nous allons mettre en ligne les présentations écrites au fur et à mesure de leur envoie par les orateurs.

Jeudi 2 Juin

L'esclavage aujourd'hui - Espace associations - jeudi 2 juin - 15h00 - 16h30



INTERVENTION DU 2 JUIN 2005 RÉALITÉ DE L’ESCLAVAGE D’AUJOURD’HUI

PRÉAMBULE J’interviens en tant que Président de CSI-France, Christian Solidarity International France (Solidarité Chrétienne Internationale), organisation humanitaire d’origine suisse, dont je préside la filiale française. Je serai bref : quinze minutes en tout, puis je céderai la parole à Sophie Offenberg, de l’organisation “Plate-forme contre la traite des êtres humains“.

QUELLE A ÉTÉ MON EXPÉRIENCE DE L’ESCLAVAGE ?

  • Premier contact (début des années 40)

Au Maroc, pays où j’ai passé mon enfance, mes parents sont invités à visiter le palais d’un “Seigneur de l’Atlas“, grand féodal. Le guide nous présente une femme : “Cette femme est arrivée ici comme esclave“. Je ne sais pourquoi, j’ai eu l’impression d’être confronté à quelque chose de très archaïque, qui n’avait plus lieu d’être. Je me suis même dit : “Je ne verrais plus jamais quelqu’un comme cette femme“. Et pourtant…

  • Deuxième contact (début des années 70)

Nous revenons au Maroc en touristes, visitons une école de fabrication de tapis à Rabat. Ce sont des fillettes toutes jeunes qui travaillent, passent le peigne, nouent les fils… À ce moment, je n’ai absolument pas pris conscience que ces fillettes étaient des enfants probablement vendus par leurs parents trop pauvres pour les nourrir et les élever. C’étaient selon toute probabilité des enfants esclaves.

  • Troisième contact (fin des années 80)

Au Maroc toujours, je suis invité avec mon frère chez l’un de ses amis. La servante qui nous sert le thé à la menthe a quelque chose de “cassé“. Sur le coup, je me dis qu’elle était sans doute un peu “simplette“. Par la suite, je me suis dit qu’il s’agissait d’une esclave domestique. N’accablons pas le Maroc. Il y a beaucoup d’esclaves dans le monde, nous ne les voyons pas.

  • Quatrième contact (début des années 2000)

Je visite un site antiesclavagiste, iabolish, je vois que selon les estimations de l’organisation antiesclavagiste, il y aurait 27 millions d’esclaves dans le monde. J’y retourne quelques mois plus tard et je trouve : 28 millions d’esclaves ! En l’espace de quelques mois, le nombre d’esclaves sur notre planète avait augmenté de 1 million !

Quelles peuvent être les conclusions d’une telle expérience ? - L’esclavage se porte très bien et constitue une activité florissante ; - L’esclavage ne se voit pas, il est caché, il demande un effort pour le déceler.

MAIS QU’EST-CE QUE L’ESCLAVAGE ?

D’après la définition qu’en a donnée la SDN, ancêtre de l’ONU, l’esclavage est :



“L’état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux“.



Cette définition – toujours d’actualité – nous permet de comprendre quelles sont au XXI° siècle les différentes catégories d’esclaves.



LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES D’ESCLAVES



Bien entendu, ces catégories peuvent se recouper dans la pratique. On distingue ainsi :

  • Les esclaves traditionnels de sociétés patriarcales comme les harratines de Mauritanie, anciennes populations autochtones, réduites à la servitude par les conquérants Maures.
  • Les enfants au travail, comme ceux qui cousent les ballons de foot ou les chaussures de sport.
  • Les paysans du Brésil ou des Indes qui remboursent des dettes très anciennes conclues par leurs grands parents et qui sont de ce fait complètement privés de liberté.
  • Les esclaves modernes, jeunes filles alléchées par des promesses d’emploi en Europe ou ailleurs et qui quittent leur pays pour se retrouver séquestrées, une fois leurs papiers confisqués par leur passeur.
  • Les prostitué(e)s, recruté(e)s selon le même schéma et qui sont de véritables marchandises diffusées par des réseaux maffieux internationaux.

QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES COMMUNES À TOUS LES ESCLAVES ?

  • La privation de liberté ;
  • L’absence de salaire ;
  • Le travail épuisant, 7 j / 7, 12 à 15 heures par jour ;
  • Une nourriture, à peine suffisante, et fait significatif, toujours à base de restes ;
  • Le mépris du maître et de sa famille ;
  • L’objet de tous les caprices du maître.

Le mépris fait partie de la condition d’esclave, il justifie le sadisme (coups entraînant souvent des blessures ou des séquelles graves chez l’esclave). Cela explique sans doute pourquoi le maître n’entretient pas la force de travail d’un esclave comme il le fait chez un animal. Le mépris du maître envers son ou ses esclaves est tel qu’il préfère manifester sa supériorité par des coups au détriment d’un intérêt économique bien compris.

QUI EST CSI ?

CSI est, je vous le rappelle, une organisation chrétienne de défense des droits de l’homme, qui soutient la liberté de religion et apporte une assistance

  • aux victimes des persécutions religieuses,
  • aux enfants dans la détresse
  • et aux victimes de catastrophes.

CSI d’origine suisse a des “filiales“ dans différents pays comme en France. Ces filiales sont chargées de recueillir des fonds et de défendre les valeurs de CSI.

QU’A FAIT CSI AU SOUDAN ?

Vous savez sans doute que depuis 1955 jusqu’au 9 janvier 2005, le Soudan a été le siège d’une guerre civile entre le Nord, le gouvernement en place à Khartoum et la rébellion du Sud qui voulait conserver sa spécificité culturelle et religieuse. De 1992 à 1995, CSI est intervenue de manière classique, apportant des médicaments, des semences, de l’outillage… aux populations du Bahr el-Ghazal démunies de tout. Pour cela, nous nous sommes toujours appuyés sur les chefs coutumiers locaux, les “Commissionners“. Ces derniers nous ont dit un jour : “Regardez cet homme, sa femme a été enlevée“. Une autre fois, ils nous disaient : “Écoutez, c’est très bien de nous apporter des médicaments et des secours, mais ce n’est pas cela dont nous avons le plus besoin. Ce que nous désirons, c’est que nos proches, nos femmes, nos enfants, soient libérés de l’esclavage“. Et un jour, en 1995, nos délégués ont pu constater de leurs yeux, qu’un raid esclavagiste venait d’être perpétré dans un village, à Nyamlell. Et les Commissionners ont demandé à nos délégués de les aider à libérer les esclaves enlevés par les ravisseurs. Ils ont expliqué que les captures d’esclaves étaient effectuées par des tribus dites Arabes (en réalité arabophones) ainsi que par des forces supplétives du gouvernement qui, ne recevant pas de solde, avaient l’autorisation de piller les villages. Les femmes y étaient systématiquement violées durant le voyage vers le nord du pays, avant d’être vendues à des propriétaires. CSI est intervenue en fédérant des accords de paix entre tribus voisines : les tribus arabes recevant le droit de faire paître leurs troupeaux à la saison sèche dans les terres du Sud, mieux arrosées. CSI a protesté énergiquement auprès des instances de l’ONU (Haut Commissariat aux Droits de l’Homme notamment). Sans succès. CSI a pris la solution risquée de libérer des esclaves par rachat. L’opération se déroulait de la façon suivante.

  • Grâce aux Commissionners, CSI a pris contact avec des “passeurs“ (retrievers) qui, détestant le pouvoir en place à Khartoum quoique musulmans, parcouraient le pays, au risque de leur vie, recherchaient des esclaves dans le Nord, pour les libérer soit moyennant finances, soit de manière spontanée. Ces passeurs convoyaient ensuite ces femmes et ces enfants vers le Sud, traversant le no man’s land, puis les regroupaient dans ce que l’on pourrait appeler des “camps de transit“.
  • Prévenus par des appels téléphoniques satellitaires, les délégués CSI se rendaient sur place, clandestinement dans de petits avions charter, au mépris du danger car ils étaient obligés de voler très bas pour échapper aux radars, atterrissaient sur des pistes de fortune. C’est là que la libération pouvait commencer.
  • Les délégués CSI allaient visiter les “camps de transit“, procédaient aux opérations de contrôle interminables : photographie de chaque personne libérée, interview individuelle avec rédaction d’une fiche de 30 questions, appels et appels au hasard pour éviter les supercheries, etc. Puis venait le moment où les “passeurs“ étaient rétribués.
  • Le montant versé aux passeurs était très faible, 50 000 livres soudanaises, soit à peine 33 dollars. Ce versement était toujours effectué en livres soudanaises (pour éviter l’achat d’armes sur le marché international). Le moment décisif approchait.
  • Notre délégué, John Eibner, disait à la foule d’anciens esclaves : “Maintenant, vous êtes libres !“ C’était toujours extrêmement émouvant.

Le Soudan est un cas d’école. Si l’esclavage y a toujours été endémique, il avait tendance à diminuer : seuls subsistaient les esclaves déjà possédés par leurs maîtres, il n’y avait pas de nouveaux esclaves. Il a suffi d’une décision prise par un gouvernement, celle de créer des forces supplétives de contre-guérilla pour que l’esclavage renaisse au Soudan. Cela montre combien il suffit de bien peu pour que la bête immonde de l’esclavage puisse ressurgir n’importe où et n’importe quand.



“EN LIBÉRANT DES ESCLAVES COMME VOUS L’AVEZ FAIT, N’AVEZ-VOUS PAS CRÉÉ UN VÉRITABLE MARCHÉ ?

Première remarque Je tiens à dire tout d’abord que toute activité, quelle qu’elle soit, présente des dangers. Ainsi, en libérant une prostituée du trottoir, il est tout à fait possible – et probable - que son proxénète la remplace immédiatement. Faut-il pour autant ne rien faire ? À l’évidence, non ! Deuxième remarque Le Soudan était un pays en guerre, nos délégués agissaient à des milliers de kilomètres de leur base, ils ont conduit néanmoins leur action avec une rigueur et une minutie tout helvétique. Troisième remarque Face à une organisation solvable, CSI, les intermédiaires auraient dû, si il y avait eu création d’un marché comme vous l’affirmez, augmenter leur prix. Il n’en a rien été. Le montant demandé pour libérer un esclave a toujours baissé. Quatrième remarque En fait, l’esclavage du Soudan n’obéissait pas à une logique économique : c’était une arme parmi d’autres du génocide perpétré envers les Dinka, ethnie négro-africaine du Bahr el-Ghazal. Le viol des femmes avait également une double finalité. Humilier les femmes, bien sûr, faciliter leur domination par d’autres. Ethnique : diluer le caractère négro-africain en créant des métis, détruire le sentiment d’appartenance à l’ethnie chez les enfants nés du viol ; ils sont “autres“, ils ne savent pas se situer car ils ne sont ni “Arabes“, ni Dinka.



Gérard Patrimonio - Président de CSI-France - 82, rue Marius Aufan - 92300 Levallois - FRANCE - e-mail : csi-int-france@tiscali.fr



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